Aller au contenu
Conseils Publié le 4 septembre 2026 9 min de lecture

Pourriture grise (botrytis) : la reconnaître et limiter les dégâts

Un duvet gris cendré qui recouvre en quelques jours une fraise, une grappe de tomates ou une salade sous tunnel : la pourriture grise, ou botrytis, profite de la moindre humidité stagnante pour s'installer sur une grande variété de cultures. Voici comment la reconnaître avant qu'elle ne gagne tout un rang, sauver ce qui peut l'être et réduire durablement le risque.

Gros plan sur des fraises couvertes d'un duvet gris caractéristique de la pourriture grise, plant de fraisier flou en arrière-plan.
Gros plan sur des fraises couvertes d'un duvet gris caractéristique de la pourriture grise, plant de fraisier flou en arrière-plan. , Visuel produit par intelligence artificielle.

Un duvet gris qui ne trompe pas

Le symptôme le plus caractéristique est ce duvet gris cendré, poudreux, presque velouté au toucher, qui apparaît d’abord sur une petite zone du fruit ou de la feuille avant de s’étendre en quelques jours à peine. Ce duvet démarre presque toujours sur un tissu déjà fragilisé : une blessure, un contact prolongé avec le sol humide, ou une fleur fanée restée en place sur la plante.

Ce qui distingue le botrytis d’autres maladies fongiques, c’est sa liste de plantes hôtes inhabituellement large : fraises, framboises, tomates sous abri, salades sous tunnel, vigne, et de très nombreuses fleurs de massif peuvent toutes être touchées par le même champignon, selon des conditions très similaires.

L’humidité stagnante, condition numéro un

  • 15-20 °CFenêtre de température la plus favorable au développement du champignon
  • quelques joursDélai pour qu'une petite tache gagne tout un fruit ou une feuille
  • 90 %+Taux d'humidité ambiante qui favorise fortement son installation sous abri

Contrairement à une idée répandue, le botrytis n’a pas besoin d’une forte chaleur pour se développer : une humidité stagnante associée à une température modérée, même fraîche, suffit largement. C’est ce qui le rend redoutable dès le début du printemps, sur des semis sous tunnel encore peu aérés, et de nouveau en fin d’été sous serre, quand les nuits fraîchissent tandis que l’air reste chargé d’humidité en journée.

Botrytis ou autre pourriture : ne pas confondre

Pourriture grise (botrytis)

  • Duvet gris cendré, poudreux, bien visible en surface
  • Démarre sur une blessure, un contact au sol ou une fleur fanée
  • Touche une très large variété de plantes différentes
  • Progression rapide, en quelques jours, par temps humide et frais

Autres pourritures courantes

  • Pourriture molle et humide, sans duvet visible (bactérioses)
  • Nécrose sèche localisée, sans extension rapide (coups de soleil, chocs)
  • Souvent limitée à une seule espèce ou famille de plantes
  • Progression variable selon la cause réelle du problème

Notre verdict La présence du duvet gris poudreux reste le repère le plus fiable : son absence oriente vers une autre cause, à diagnostiquer séparément avant de choisir un traitement adapté.

Limiter la progression, étape par étape

  1. Retirer immédiatement les parties atteintesCoupez et sortez du jardin tout fruit, feuille ou fleur couverte du duvet gris, dès son repérage. Ne les compostez jamais, un compostage domestique classique ne détruisant pas fiablement les spores du champignon.
  2. Aérer systématiquement les cultures sous abriOuvrez serre, tunnel ou châssis dès que la météo le permet, matin et soir, pour éviter que l'humidité ne stagne en continu autour du feuillage et des fruits en formation.
  3. Pailler pour isoler les fruits du sol humideSur les fraisiers en particulier, un paillage de paille sèche ou un film adapté évite le contact direct entre le fruit et une terre détrempée, réduisant fortement l'exposition au champignon.
  4. Espacer les plants pour améliorer la circulation d'airUn feuillage trop dense retient l'humidité plus longtemps après la pluie ou la rosée. Un espacement suffisant entre les plants, complété d'une taille légère si nécessaire, limite cette humidité prolongée.
  5. Retirer les fleurs fanées régulièrementUne fleur fanée laissée en place offre un tissu déjà affaibli, propice à l'installation du champignon avant qu'il ne progresse vers le fruit ou la tige voisine.
  6. Arroser au pied, jamais sur le feuillage ni les fruitsComme pour d'autres maladies fongiques du jardin, un arrosage qui évite le feuillage et les fruits réduit directement la durée d'humidité de surface, condition indispensable à la germination des spores.

Une vigilance à adapter selon la culture

CultureSignes typiquesPoint de vigilance particulier
FraisierFruits couverts de duvet gris, souvent au contact du solPaillage systématique, ramassage rapide des fruits mûrs
Tomate sous abriDuvet gris sur tiges blessées ou fruits fendusAération renforcée matin et soir
Salade sous tunnelPourriture au collet, duvet gris en base de feuilleOuvrir dès que le soleil chauffe
VigneGrappes qui grisent et se dessèchent par temps humideEffeuillage estival autour des grappes

Pour la conduite générale de vos fraisiers, en particulier le paillage qui limite directement ce risque, notre guide pour planter et renouveler ses fraisiers détaille le calendrier complet d’entretien de cette culture particulièrement exposée au botrytis.

Votre plan d’action

  • Retirez et sortez du jardin toute partie couverte du duvet gris, sans jamais la composter.
  • Aérez systématiquement vos cultures sous abri, matin et soir.
  • Paillez les fraisiers pour isoler les fruits du contact direct avec le sol humide.
  • Espacez suffisamment vos plants pour améliorer la circulation d’air autour du feuillage.
  • Retirez régulièrement les fleurs fanées, points d’entrée fréquents du champignon.
  • Arrosez toujours au pied, jamais sur le feuillage ni les fruits.

La FAQ

Vos questions, nos réponses

Un fruit touché par le botrytis peut-il encore être consommé en partie ?
Non, contrairement à d'autres maladies qui restent superficielles, le botrytis pénètre rapidement toute la chair du fruit une fois le duvet visible en surface. Jetez le fruit entier dès que la pourriture est confirmée, sans chercher à récupérer une partie qui semblerait encore saine à proximité de la zone atteinte.
Pourquoi mes tomates sous serre développent-elles du botrytis même en été ?
Une serre ou un tunnel mal aéré crée une humidité ambiante élevée et stagnante, même par forte chaleur extérieure, ce qui reproduit exactement les conditions favorables au champignon. Aérez systématiquement dès que la température le permet, matin et soir, plutôt que de garder l'abri fermé en continu.
Le paillage aggrave-t-il le risque de botrytis sur les fraisiers ?
Non, c'est l'inverse : un paillage de paille ou un film qui isole les fruits du contact direct avec la terre humide réduit fortement le risque, en évitant l'humidité stagnante et les éclaboussures de terre qui transportent les spores vers le fruit. Le risque réel vient d'un paillage lui-même détrempé en permanence, pas du principe du paillage.
Faut-il retirer les fleurs fanées pour prévenir le botrytis ?
Oui, c'est un geste préventif important : une fleur fanée restée en place, en particulier sur les fraisiers et de nombreuses plantes à massif, offre un tissu déjà affaibli où le champignon s'installe facilement avant de progresser vers le fruit ou la tige voisine. Un nettoyage régulier des fleurs fanées limite directement ces points d'entrée.
Existe-t-il un traitement biologique efficace contre le botrytis ?
Certains produits à base de bactéries ou de champignons antagonistes, autorisés en jardin amateur, peuvent limiter préventivement l'installation du botrytis sur des cultures sensibles. Leur efficacité reste cependant secondaire face aux gestes culturaux, aération, espacement, retrait rapide des parties touchées, qui constituent la base la plus fiable de la prévention.

Sujets abordés

Partager

À lire ensuite

Dans la même allée

Bananier aux feuilles noircies par la gelée à côté d'un pseudo-tronc coupé et protégé par une cage de grillage remplie de feuilles mortes.
Conseils

Protéger un bananier en hiver : la méthode qui garde le tronc

Le bananier du Japon, Musa basjoo, passe l'hiver dehors dans la plupart des régions françaises. Sa souche résiste à des gels sévères, mais sa silhouette, elle, dépend entièrement de la façon dont vous le protégez. Bien emmailloté, il redémarre en mai avec un tronc déjà haut ; simplement paillé, il repart de zéro.

1 octobre 2026 8 min
Grand laurier-rose en pot de terre cuite hiverné dans une véranda non chauffée, givre sur les vitres en arrière-plan.
Conseils

Laurier-rose en hiver : quand le rentrer et comment le sauver du gel

Le laurier-rose supporte bien mieux le froid qu'on ne le croit, mais pas n'importe quel froid ni dans n'importe quelles conditions. En pot, il se rentre tard et se sort tôt. En pleine terre, il ne survit hors des régions douces qu'avec un emplacement choisi avec soin. Et même gelé jusqu'au sol, il repart souvent de sa souche.

1 octobre 2026 8 min
Jardinier plantant en pleine terre un chrysanthème en boule aux fleurs cuivrées, à côté d'autres pots de chrysanthèmes, en automne.
Conseils

Chrysanthème après la Toussaint : le garder et le faire refleurir

Le chrysanthème acheté pour la Toussaint finit trop souvent à la poubelle dès la mi-novembre. C'est pourtant une vivace, capable de repartir chaque année et de refleurir à l'automne suivant. Encore faut-il savoir lequel est assez rustique pour la pleine terre, comment le tailler et à quel moment le pincer.

29 septembre 2026 8 min