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Conseils Publié le 17 août 2026 9 min de lecture

Fraisiers : les planter en fin d'été, les renouveler à temps

Un fraisier planté en septembre produit dès le printemps suivant ; le même planté en avril donne une récolte symbolique. La différence tient à quelques semaines d'enracinement en terre chaude. Voici comment choisir vos plants, les installer au bon niveau et organiser le renouvellement qui maintient la production année après année.

Mains plantant un jeune plant de fraisier dans une terre brune, collet dégagé au niveau du sol, rangée de fraisiers paillés derrière.
Mains plantant un jeune plant de fraisier dans une terre brune, collet dégagé au niveau du sol, rangée de fraisiers paillés derrière. , Visuel produit par intelligence artificielle.

Pourquoi la fin d’été bat le printemps

Un fraisier construit sa récolte bien avant de fleurir. C’est en fin d’été et en automne, quand les jours raccourcissent et que la terre reste chaude, qu’il installe ses racines et forme les bourgeons à fleurs qui s’ouvriront au printemps suivant. Un plant installé à la mi-août dispose de deux mois pleins pour ce travail invisible.

Plantez le même pied en avril et tout se joue à contretemps : il doit s’enraciner et fleurir en même temps, dans une terre qui se réchauffe et s’assèche. Le résultat est prévisible, quelques fruits, souvent petits, et une plante qui met un an de plus à donner sa pleine mesure.

La fenêtre utile court donc de la mi-août à la mi-septembre en climat tempéré français, moitié nord, et peut s’étendre à début octobre sur la façade atlantique et en moitié sud. Passé la mi-octobre, l’enracinement est trop court et les plants se déchaussent au premier gel.

Remontant ou non remontant : la seule vraie question

Les catalogues distinguent une multitude de variétés, mais le choix qui structure votre fraiseraie tient en une opposition simple, et beaucoup de jardiniers plantent les deux.

Fraisiers non remontants

  • Une seule récolte, massive, en mai-juin
  • Fruits souvent plus gros et plus parfumés
  • Plants plus vigoureux, qui durent trois à quatre ans
  • Rien à récolter le reste de la saison

Fraisiers remontants

  • Production étalée de juin jusqu'aux gelées
  • Idéal en petite surface, en bac ou sur un balcon
  • Fruits généralement plus petits
  • Plante qui s'épuise plus vite, à renouveler tous les deux à trois ans

Notre verdict Pour une famille qui veut des confitures et une vraie saison de fraises, les non remontants restent le socle. Ajoutez quelques remontants en bordure ou en pot pour grappiller jusqu'en octobre : c'est la combinaison qui satisfait le plus de jardins.

Une troisième catégorie mérite d’être connue : les fraisiers des bois, à petits fruits très parfumés, qui se ressèment seuls, tolèrent la mi-ombre et n’exigent presque rien. Ils ne remplacent pas une fraiseraie mais garnissent parfaitement un pied de haie ou une bordure ombragée où rien d’autre ne pousserait.

À l’achat, deux points comptent plus que le nom de la variété. Préférez des plants certifiés, indemnes de virus, plutôt que des rejets d’origine inconnue : les maladies du fraisier sont difficiles à rattraper. Et vérifiez la forme du plant : motte bien racinée, cœur ferme, trois à cinq feuilles saines, sans tache.

  • 30 à 40 cmDistance entre deux plants sur le rang
  • 3 ansDurée de pleine production d'une plantation
  • 0 cmEnfoncement du collet : exactement au niveau du sol

Le collet : le détail qui décide de tout

C’est l’erreur qui tue le plus de fraisiers, et elle se joue en une seconde. Le collet est le petit renflement où les feuilles rejoignent les racines, au centre de la plante. Il doit se trouver exactement au niveau du sol : ni au-dessus, ni en dessous.

Enterré, même de deux centimètres, il pourrit pendant l’hiver et la plante s’effondre au premier redoux. Trop haut, les racines supérieures se dessèchent et le plant reste chétif toute la saison. Après l’arrosage de plantation, la terre se tasse : vérifiez donc le niveau une seconde fois quelques jours plus tard, et rectifiez si nécessaire.

  1. Choisir l'emplacementSix heures de soleil minimum, un sol drainé et une parcelle qui n'a pas porté de fraisiers, ni de pommes de terre ou de tomates, depuis au moins quatre ans. Évitez les cuvettes où l'air froid stagne et où l'eau s'accumule.
  2. Préparer le sol sans excès d'azoteAmeublissez sur 25 cm, retirez les racines de vivaces indésirables, et incorporez 3 à 4 cm de compost mûr. Pas de fumier frais ni d'engrais riche en azote : vous obtiendriez un feuillage superbe et très peu de fruits.
  3. Tremper les mottesPlongez les godets dans un seau d'eau une dizaine de minutes avant plantation, jusqu'à ce que les bulles cessent. Une motte sèche mise en terre reste sèche : l'eau d'arrosage contourne le pain de racines au lieu de le pénétrer.
  4. Planter au bon niveauCreusez un trou un peu plus large que la motte, installez le plant en étalant les racines si elles tournaient, puis ramenez la terre de façon que le collet affleure exactement. Tassez du bout des doigts autour, sans écraser le cœur.
  5. Espacer correctementComptez 30 à 40 cm entre deux plants sur le rang et 50 à 60 cm entre deux rangs. Serrer davantage ne donne pas plus de fraises : l'air ne circule plus, l'humidité stagne et la pourriture grise s'installe dès les premières pluies de mai.
  6. Arroser et paillerDonnez 2 à 3 litres par plant à la plantation, puis maintenez la terre fraîche pendant trois semaines. Paillez sur 5 cm en dégageant bien le collet : le paillis limite l'évaporation et protège du gel les premières semaines.

Les trois premières semaines, puis l’hiver

Après la plantation, la seule chose qui compte est l’humidité constante, sans excès. Arrosez tous les deux ou trois jours en l’absence de pluie pendant trois semaines, au pied et jamais sur le feuillage, puis espacez.

Si des fleurs apparaissent en septembre ou octobre, supprimez-les. Elles ne donneront rien de bon avant le froid et détournent l’énergie que la plante doit consacrer à ses racines. Le même geste vaut pour les stolons émis à l’automne : coupez-les au ras.

Les fraisiers sont rustiques et passent l’hiver sans protection dans la plupart des régions. Deux précautions suffisent : vérifier après les fortes gelées qu’aucun plant n’a été déchaussé par les alternances de gel et de dégel, et le retasser du pied le cas échéant ; et ne pas laisser une couche de feuilles mortes s’accumuler sur les cœurs, qui pourriraient.

Le calendrier d’entretien sur l’année

PériodeGestePourquoi
Février-marsNettoyer les feuilles mortes et abîméesAère le cœur, retire les foyers de maladies
MarsGriffer superficiellement, apporter du compost mûrRelance la végétation sans excès d’azote
Avril-maiPailler dès l’apparition des premières fleursFruits propres, moins de pourriture grise
Mai-juinArroser régulièrement au pied pendant la fructificationLe manque d’eau réduit directement le calibre
Juin-juilletRécolter tous les deux jours, retirer les fruits gâtésUn fruit pourri contamine ses voisins en 48 heures
JuilletSélectionner et bouturer les stolonsPrépare la plantation de fin d’été
Après récolteCouper le vieux feuillage à 10 cm sur les non remontantsRelance un feuillage sain pour l’automne
Août-septembrePlanter le nouveau rang, arracher le rang de trois ansMaintient la production en continu

La ligne la plus importante est la dernière. Une fraiseraie ne se gère pas comme un massif que l’on installe une fois : elle se renouvelle par tiers. Chaque année, vous plantez un nouveau rang et vous arrachez le plus ancien. Vous conservez ainsi en permanence trois rangs d’âges différents, tous en pleine production, sans jamais subir l’effondrement qui suit la quatrième année.

Les stolons : des plants gratuits, à condition de trier

Dès juin, le fraisier émet de longues tiges rampantes portant des rosettes de feuilles : les stolons. Chacune peut devenir un plant complet, et c’est votre stock de renouvellement.

La sélection est la partie qui compte. Repérez pendant la récolte vos deux ou trois meilleurs pieds, les plus productifs, les plus sains, ceux dont les fruits vous ont convaincu, et marquez-les. C’est sur eux seulement que vous prélèverez, exactement comme lorsqu’on choisit ses porte-graines pour récupérer ses semences au potager.

Ne gardez que la première rosette de chaque stolon, la plus proche du pied mère : elle est nettement plus vigoureuse que les suivantes. Posez un petit godet rempli de terreau sous cette rosette, sans couper le stolon, et maintenez-la au contact avec une agrafe de fil de fer ou un caillou. Trois à quatre semaines plus tard, les racines remplissent le godet : sectionnez alors le cordon et vous avez un plant prêt à planter.

Fraisiers en pot et en jardinière

Le fraisier est l’une des rares plantes fruitières réellement heureuses en contenant, ce qui en fait une valeur sûre pour un balcon, dans la logique de ce qui réussit quand on veut cultiver en jardinière sur un petit espace urbain.

Retenez trois chiffres : un volume de trois à cinq litres par plant minimum, une profondeur de 20 à 25 cm, et un contenant obligatoirement percé. Utilisez un terreau de bonne qualité additionné d’un tiers de compost, jamais de terre de jardin seule, qui se compacte en pot.

Les remontantes sont les plus adaptées au contenant, puisqu’elles fournissent sur plusieurs mois. Suspendues ou en jardinière haute, elles présentent un avantage inattendu : les fruits pendent dans le vide, hors de portée des limaces, ce qui règle sans effort un problème que la pleine terre impose de gérer avec les solutions anti-limaces qui fonctionnent réellement.

En pot, l’arrosage devient quotidien en été et la fertilisation nécessaire : un apport liquide riche en potasse toutes les deux semaines pendant la fructification. Enfin, un plant en pot s’épuise plus vite qu’en pleine terre : comptez deux ans plutôt que trois.

Votre plan d’action pour les deux prochaines semaines

  • Choisissez dès maintenant l’emplacement du nouveau rang, en vérifiant qu’aucun fraisier ni solanacée n’y a poussé depuis quatre ans.
  • Commandez ou prélevez vos plants : certifiés pour une première installation, stolons sélectionnés si vous renouvelez.
  • Préparez le sol avec 3 à 4 cm de compost mûr, sans engrais azoté.
  • Plantez entre la mi-août et la mi-septembre, collet exactement au niveau du sol, 30 à 40 cm entre les plants.
  • Arrosez tous les deux ou trois jours pendant trois semaines, puis paillez en dégageant les cœurs.
  • Notez l’année de plantation de chaque rang sur un plan : c’est ce qui vous dira, dans trois ans, lequel arracher.

La FAQ

Vos questions, nos réponses

Peut-on planter des fraisiers au printemps ?
Oui, mais avec une récolte quasi nulle la première année. Un plant installé en mars ou avril passe son printemps à faire des racines, pas des fruits, et il faut souvent supprimer ses premières fleurs pour ne pas l'épuiser. Si vous plantez au printemps, choisissez des variétés remontantes, qui donneront au moins une petite récolte à partir de juillet, et attendez l'année suivante pour juger.
Pourquoi mes fraisiers font-ils beaucoup de feuilles et peu de fruits ?
Trois causes se cumulent souvent : un excès d'azote, qui pousse la plante à faire du feuillage, une plantation trop vieille de plus de trois ans, ou trop d'ombre. Vérifiez aussi que vous n'avez pas laissé filer les stolons : une plante qui fabrique des rejets partout consacre son énergie à se multiplier plutôt qu'à fructifier. Coupez-les au fur et à mesure sur les pieds destinés à produire.
Faut-il pailler les fraisiers, et avec quoi ?
Le paillage est presque indispensable : il garde les fruits propres, limite les éclaboussures qui transmettent les maladies et réduit l'arrosage. La paille reste la référence, sur cinq centimètres, posée au printemps quand les premières fleurs apparaissent. Les tontes sèches et les aiguilles de pin conviennent aussi. Dégagez toujours le collet, qui ne doit jamais être couvert.
Combien de fraisiers faut-il par personne ?
Comptez une quinzaine à une vingtaine de plants par personne pour une consommation régulière en saison, davantage si vous voulez transformer ou congeler. Un fraisier bien conduit produit de l'ordre de 300 à 500 grammes par an en variété non remontante, un peu moins par récolte mais sur une période plus longue en remontante. Mieux vaut peu de plants bien tenus qu'une grande surface négligée.
Peut-on garder les stolons de n'importe quelle variété ?
Techniquement oui, sauf pour les variétés protégées par un certificat d'obtention, dont la multiplication est réservée à un usage strictement personnel. La vraie limite est sanitaire : ne prélevez jamais de stolons sur un pied qui a montré des taches, un flétrissement ou une croissance chétive, car les maladies se transmettent au rejet. Renouvelez la souche par des plants certifiés tous les cinq à six ans.

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