Conseils Publié le 29 septembre 2026 8 min de lecture
Chrysanthème après la Toussaint : le garder et le faire refleurir
Le chrysanthème acheté pour la Toussaint finit trop souvent à la poubelle dès la mi-novembre. C'est pourtant une vivace, capable de repartir chaque année et de refleurir à l'automne suivant. Encore faut-il savoir lequel est assez rustique pour la pleine terre, comment le tailler et à quel moment le pincer.
Jardinier plantant en pleine terre un chrysanthème en boule aux fleurs cuivrées, à côté d'autres pots de chrysanthèmes, en automne. , Visuel produit par intelligence artificielle.
Un chrysanthème de Toussaint n’est pas une plante jetable
Le chrysanthème qui fleurit dans les jardineries et au marché à l’automne est le plus souvent un hybride de chrysanthème des fleuristes (Chrysanthemum × morifolium). C’est une vivace herbacée : ses tiges fleuries meurent en hiver, mais la souche émet de nouvelles pousses au printemps, et la plante peut vivre de nombreuses années.
Deux raisons expliquent qu’on le jette si souvent. D’abord, on le considère comme une plante de circonstance. Ensuite, les chrysanthèmes vendus en pot sont cultivés pour offrir une boule parfaite et une floraison calée sur la Toussaint : replantés au jardin, ils changent d’allure. Mais une plante qui a fleuri une fois refleurit, à condition de lui laisser passer l’hiver dans de bonnes conditions.
Rustique ou pas : savoir à quel chrysanthème vous avez affaire
L’étiquette est rarement explicite. Voici les grandes familles que l’on rencontre, et ce que l’on peut en attendre en pleine terre dans la moitié nord de la France.
Famille
Port et fleurs
Comportement en pleine terre
Hivernage conseillé
Chrysanthème multiflore en boule
Boule compacte couverte de petites fleurs, vendu en pot à la Toussaint
Rusticité variable selon la variété, souvent correcte en sol drainant
Pleine terre drainante, ou pot hors gel en cas de doute
Chrysanthème à grosses fleurs
Une ou quelques très grandes fleurs par tige, souvent tuteuré
Peu rustique dans la plupart des cas
Pot rentré hors gel
Chrysanthème des jardins, dit coréen
Touffe plus lâche, fleurs simples ou doubles, variétés comme ‘Clara Curtis’ ou ‘Mei Kyo’
Bonne rusticité, reste en place des années
Pleine terre, paillage léger
Marguerite d’automne ou chrysanthème arctique
Fleurs simples, port étalé
Bonne rusticité
Pleine terre
Dans les régions à hivers doux, la plupart des chrysanthèmes multiflores passent l’hiver en pleine terre. En région froide, dans l’Est ou en altitude, gardez au moins une partie de vos pieds à l’abri la première année.
Pendant la floraison : faire durer le pot
3 à 6 semainesDurée de floraison habituelle d'un pot en bon état
10-15 cmHauteur de rabattage après la floraison
jusqu'à début juilletPériode de pincement des jeunes pousses
5-8 cmLongueur d'une bouture de printemps
Un chrysanthème en fleurs consomme beaucoup d’eau, surtout dans un petit pot rempli de racines. Vérifiez la motte tous les deux ou trois jours : elle ne doit jamais sécher entièrement, sans rester détrempée. Placez le pot en extérieur ou dans une pièce fraîche et lumineuse. En intérieur chauffé, la floraison s’écourte nettement.
Coupez les fleurs fanées au fur et à mesure pour garder un pot net et limiter la pourriture grise. À l’achat, choisissez un pot dont les fleurs sont déjà en partie ouvertes : des boutons trop serrés s’ouvrent parfois mal une fois la plante sortie de sa serre.
Après la floraison : trois options
Quand les fleurs ont bruni, vers la mi-novembre en général, il faut choisir. Le tableau des familles, plus haut, vous aide à trancher, et chaque option se prépare de la même manière.
Nettoyer la planteRetirez toutes les fleurs fanées, les feuilles jaunes et tachées. Inspectez le revers des feuilles et les jeunes pousses pour repérer pucerons ou taches de maladie avant de choisir où la plante passera l'hiver.
Rabattre les tigesCoupez toutes les tiges à 10-15 cm du sol, avec un sécateur propre. Les tiges fleuries ne repartiront pas, et les laisser entières favorise la pourriture pendant l'hiver.
Choisir la destinationPleine terre si la variété est rustique et le sol drainant, pot à l'abri hors gel en cas de doute ou pour les grosses fleurs, ou simple conservation de la souche pour prélever des boutures au printemps.
Préparer le sol ou le localEn pleine terre, choisissez un emplacement ensoleillé et drainant. Sous abri, prévoyez un local lumineux ou non, frais et hors gel, où le pot restera presque sec jusqu'en mars.
Planter au jardin
Plantez avant les fortes gelées, idéalement dès la fin de la floraison, dans une terre qui ne reste pas gorgée d’eau en hiver. Défaites légèrement la motte, souvent très serrée, et installez-la au même niveau que dans le pot. Arrosez à la plantation, puis couvrez le pied d’un paillage léger de feuilles ou de paille. En sol lourd, relevez la plantation sur une petite butte : comme pour beaucoup de vivaces, c’est l’humidité stagnante qui tue en hiver, plus que le froid.
Hiverner en pot à l’abri
Garage, cave claire, véranda non chauffée ou abri de jardin conviennent, du moment qu’il ne gèle pas franchement. La souche, rabattue, n’a besoin ni de lumière ni d’engrais pendant son repos. Arrosez à peine, une fois par mois environ, juste assez pour que la motte ne se dessèche pas totalement. Ressortez le pot à la lumière en mars, quand les nouvelles pousses apparaissent.
Pleine terre
Aucun entretien pendant l'hiver
Touffe plus vigoureuse d'année en année
Risque de perte en hiver froid et humide
Réservé aux variétés rustiques et aux sols drainants
Pot hors gel
Sécurise les variétés fragiles et à grosses fleurs
Demande une place dans un local frais
Arrosage mensuel à ne pas oublier
Rempotage ou plantation à prévoir au printemps
Notre verdict
Pour un multiflore ordinaire dans un sol drainant, la pleine terre est la solution la plus simple et la plus durable. Pour une variété à grosses fleurs, une plante à laquelle vous tenez ou un jardin en sol lourd, gardez le pot à l'abri le premier hiver.
Au printemps : relancer, bouturer, diviser
Dès mars, la souche émet de nombreuses jeunes pousses à sa base. C’est le moment de rajeunir la plante et, si vous le souhaitez, de la multiplier.
Diviser : si la touffe est grosse, prélevez sur le pourtour des éclats de quelques tiges avec leurs racines, et jetez le centre ligneux. La technique générale est expliquée dans notre guide pour diviser les vivaces au bon moment.
Bouturer : en avril-mai, prélevez des extrémités de pousses de 5 à 8 cm, retirez les feuilles du bas et piquez-les dans un mélange de terreau et de sable. Elles s’enracinent en deux à trois semaines à l’abri et fleurissent dès l’automne suivant. Les jeunes plants issus de boutures sont souvent plus vigoureux que la vieille souche.
Fertiliser : apportez du compost au pied au printemps, puis un engrais pour plantes fleuries à partir de juin. Un excès d’azote donne des tiges molles et une floraison retardée.
Le pincement, secret d’une touffe ronde et fleurie
C’est l’étape qui fait la différence entre une touffe haute et dégingandée et une boule couverte de fleurs. Le principe est simple : en supprimant l’extrémité d’une tige, on force la plante à développer deux ou trois ramifications, chacune porteuse de boutons.
Moment
Geste
Résultat
Pousses de 15 cm environ, en avril-mai
Pincer l’extrémité au-dessus de la 3e ou 4e feuille
Première ramification depuis la base
3 à 4 semaines plus tard
Pincer à nouveau chaque nouvelle tige
Touffe plus dense, davantage de tiges florales
Jusqu’à début juillet
Dernier pincement
Laisse le temps aux boutons de se former
Après début juillet
Ne plus pincer
Évite de supprimer les futurs boutons et de retarder la floraison
Le chrysanthème est une plante de jours courts : il forme ses boutons quand les nuits s’allongent, à partir de la fin de l’été. Pincer trop tard revient à couper les tiges au moment où elles préparent la floraison. Pour la même raison, un chrysanthème planté près d’un lampadaire ou d’une fenêtre éclairée la nuit peut fleurir en retard, voire pas du tout.
Les problèmes courants et comment les éviter
Les chrysanthèmes sont robustes, mais quelques ennemis reviennent régulièrement, surtout sur les plantes affaiblies ou trop serrées.
Pucerons : colonies sur les jeunes pousses au printemps et sous les boutons. Les méthodes pour limiter les pucerons au jardin sans produits de synthèse s’appliquent parfaitement.
Oïdium : feutrage blanc sur les feuilles en fin d’été, favorisé par les nuits fraîches et les journées sèches. Espacez les plants et arrosez au pied. Notre fiche sur l’oïdium détaille les gestes préventifs.
Pourriture grise : fleurs qui brunissent et se couvrent de duvet gris par temps humide. Supprimez les fleurs atteintes et aérez.
Taches ou pustules sur les feuilles : la rouille blanche du chrysanthème est une maladie réglementée, qui se manifeste par des pustules blanchâtres sous les feuilles. Au moindre doute sur une plante achetée, isolez-la, n’en prélevez pas de boutures et demandez conseil à un professionnel.
Votre plan d’action, de la Toussaint au printemps
Pendant la floraison : arrosez régulièrement, coupez les fleurs fanées, gardez le pot au frais.
À la mi-novembre : nettoyez la plante et rabattez les tiges à 10-15 cm.
Dans la foulée : plantez les multiflores et les chrysanthèmes des jardins en sol drainant et ensoleillé, rentrez les grosses fleurs et les variétés incertaines dans un local frais et hors gel.
En mars : ressortez les pots à la lumière, reprenez l’arrosage, divisez les grosses touffes.
En avril-mai : bouturez les jeunes pousses et commencez les pincements.
Jusqu’à début juillet : pincez toutes les trois à quatre semaines, puis laissez pousser et tuteurez.
De septembre à novembre : profitez d’une floraison qui ne vous aura rien coûté.
La FAQ
Vos questions, nos réponses
Un chrysanthème en pot peut-il rester dehors tout l'hiver ?
Dans son pot, c'est risqué : la motte gèle bien plus vite qu'en pleine terre et l'eau de pluie s'y accumule. Mieux vaut soit le planter au jardin dans un sol drainant avant les grands froids, soit rentrer le pot dans un local frais et hors gel. Sur un balcon abrité, un pot enveloppé et surélevé passe parfois l'hiver, sans garantie.
Pourquoi mon chrysanthème replanté fleurit-il plus haut et plus tard ?
Les chrysanthèmes vendus en pot sont cultivés en conditions contrôlées pour obtenir une boule compacte et une floraison calée sur la Toussaint. Au jardin, livrés à eux-mêmes, ils retrouvent leur port naturel, plus haut et plus lâche, et fleurissent selon la longueur des nuits de votre région. Le pincement au printemps et un tuteurage discret compensent en bonne partie cet effet.
Les chrysanthèmes sont-ils toxiques pour les chats et les chiens ?
Les chrysanthèmes figurent parmi les plantes considérées comme toxiques pour les chats et les chiens en cas d'ingestion, avec surtout des troubles digestifs. Placez les pots hors de portée des animaux qui mâchonnent les plantes, et consultez un vétérinaire en cas d'ingestion ou de symptômes inhabituels.
Peut-on diviser une touffe de chrysanthème ?
Oui, au printemps, quand les nouvelles pousses sortent de terre. Déterrez la touffe, prélevez sur le pourtour des éclats de quelques tiges avec leurs racines, et jetez le centre âgé et ligneux, moins vigoureux. Replantez les éclats aussitôt et arrosez. Une division tous les deux à trois ans maintient la touffe jeune et florifère.
Mon chrysanthème sur la tombe a séché en une semaine, pourquoi ?
Un chrysanthème en pleine floraison boit beaucoup, et un pot posé sur une dalle en plein vent se dessèche très vite. Arrosez abondamment au moment de l'installer, puis vérifiez la motte chaque semaine. Un cache-pot ou un peu de mousse sur la surface limite l'évaporation. Préférez aussi un pot en pleine floraison à un pot encore en boutons serrés, qui s'ouvriront mal.
Le bananier du Japon, Musa basjoo, passe l'hiver dehors dans la plupart des régions françaises. Sa souche résiste à des gels sévères, mais sa silhouette, elle, dépend entièrement de la façon dont vous le protégez. Bien emmailloté, il redémarre en mai avec un tronc déjà haut ; simplement paillé, il repart de zéro.
Le laurier-rose supporte bien mieux le froid qu'on ne le croit, mais pas n'importe quel froid ni dans n'importe quelles conditions. En pot, il se rentre tard et se sort tôt. En pleine terre, il ne survit hors des régions douces qu'avec un emplacement choisi avec soin. Et même gelé jusqu'au sol, il repart souvent de sa souche.
La lavande ne pardonne qu'une erreur de taille : couper dans le bois nu, d'où elle ne repart presque jamais. Taillée chaque année au bon moment et à la bonne hauteur, elle reste une boule dense et fleurie pendant de longues années. Laissée à elle-même, elle se dégarnit et s'ouvre en quatre ou cinq saisons.