Conseils Publié le 15 septembre 2026 9 min de lecture
Tavelure du pommier et du poirier : reconnaître et traiter
Des taches brun olive sur les feuilles au printemps, puis des fruits marqués de plages liégeuses et parfois fendues à la récolte : la tavelure est la maladie la plus répandue du pommier et du poirier en climat humide. Elle ne se traite pas dans l'urgence, mais se limite sur la durée grâce à quelques gestes précis au bon moment.
Gros plan sur une feuille et un fruit de pommier marqués de taches brun olive et de crevasses liégeuses caractéristiques de la tavelure. , Visuel produit par intelligence artificielle.
La maladie la plus répandue du verger amateur
La tavelure touche, un jour ou l’autre, la quasi-totalité des pommiers et poiriers cultivés sans protection particulière. Ce champignon, Venturia inaequalis sur pommier et Venturia pirina sur poirier, se manifeste d’abord par des taches brun olive à contours flous sur les jeunes feuilles au printemps, avant de gagner les fruits sous forme de plages liégeuses, parfois fendillées lorsque l’attaque est précoce et sévère.
Contrairement à des maladies plus inquiétantes du tronc ou des racines, la tavelure ne met pas la vie de l’arbre en jeu. Elle dégrade en revanche la qualité et la conservation des fruits, et affaiblit progressivement un arbre soumis à des attaques répétées d’année en année sans aucune mesure de limitation.
Un cycle qui se joue dès l’automne précédent
feuilles mortesPrincipal lieu d'hivernage du champignon responsable de la tavelure
printemps humideCondition qui favorise le plus fortement les contaminations sévères
peau + surfaceProfondeur habituelle des dégâts sur un fruit tavelé, rarement toxique
Le champignon hiverne principalement dans les feuilles mortes tombées au sol sous l’arbre pendant l’automne et l’hiver. Au printemps suivant, les spores qui s’y sont formées se dispersent avec la pluie et le vent dès le débourrement des bourgeons, contaminant les jeunes feuilles puis, plus tard dans la saison, les fruits en formation. Un printemps frais et pluvieux, avec des épisodes de pluie répétés au moment précis où les feuilles s’ouvrent, offre les conditions les plus favorables à une contamination sévère.
Tavelure sur feuille ou sur fruit : ce que révèle chaque symptôme
Sur les feuilles
Taches brun olive à contours flous, dessus de la feuille
Apparition dès le printemps, souvent avant la floraison complète
Peut provoquer une chute prématurée en cas d'attaque sévère
Signal d'alerte précoce pour anticiper la protection des fruits
Sur les fruits
Plages liégeuses, brunes, parfois en relief sur la peau
Fendillement possible si l'attaque touche un jeune fruit
Dégâts le plus souvent limités à la peau et à la surface
Fruit généralement consommable après retrait de la zone atteinte
Notre verdict
Les taches sur feuilles apparaissent presque toujours en premier et servent de signal d'alerte : les repérer tôt permet d'ajuster la surveillance avant que les fruits eux-mêmes ne soient touchés en fin de saison.
Limiter la tavelure sur la durée, étape par étape
Ramasser et évacuer les feuilles mortes en automneRetirez systématiquement les feuilles tombées sous l'arbre avant l'hiver, en les évacuant du jardin ou en les compostant en tas chaud bien mené plutôt qu'en paillage direct au pied du même arbre.
Tailler pour aérer la ramureUne charpente bien aérée, en hiver pendant le repos de l'arbre, sèche plus vite après la pluie ou la rosée, réduisant la durée d'humidité sur le feuillage qui favorise la germination des spores. Notre guide sur quand et comment tailler un pommier ou un poirier détaille la période et les gestes précis à respecter.
Éclaircir les jeunes fruits en surnombreUn fruit isolé, bien exposé à l'air, sèche plus vite qu'une grappe serrée où l'humidité stagne entre les fruits en contact, un facteur qui aggrave le risque de fendillement.
Surveiller dès le débourrement au printempsInspectez régulièrement les jeunes feuilles dès leur ouverture, en particulier après un épisode pluvieux prolongé, pour repérer une contamination le plus tôt possible.
Réserver un traitement au cuivre aux situations les plus sévèresSur un jardin déjà fortement touché les années précédentes, un traitement préventif à base de cuivre, appliqué avant l'apparition des symptômes selon les préconisations du produit, peut compléter les mesures culturales.
Choisir une variété résistante pour toute nouvelle plantationEn climat humide ou sur un terrain déjà exposé, privilégier une variété reconnue résistante réduit durablement la pression de la maladie, bien plus efficacement qu'un traitement répété chaque année.
Une pression qui varie fortement d’une année sur l’autre
Pour distinguer la tavelure d’autres dégâts sur les fruits eux-mêmes, en particulier les galeries internes qui trahissent un insecte plutôt qu’un champignon, notre diagnostic du carpocapse des pommes et des poires détaille les repères qui évitent de confondre les deux problèmes, souvent présents la même saison sur un même arbre.
Symptôme observé
Cause probable
Action
Taches brun olive sur jeunes feuilles au printemps
Tavelure en phase précoce
Surveiller, prévoir l’aération à la prochaine taille
Plages liégeuses sur la peau, chair saine
Tavelure superficielle
Retirer la zone atteinte, fruit consommable
Fruit fendillé en profondeur, pourriture secondaire
Attaque sévère précoce
Écarter le fruit, renforcer les mesures l’an prochain
Feuillage sain, dégâts uniquement internes au fruit
Probablement un insecte, pas la tavelure
Vérifier l’absence de galerie ou de chenille
Votre plan d’action pour la saison prochaine
Ramassez et évacuez les feuilles mortes sous l’arbre avant l’hiver.
Taillez en hiver pour aérer durablement la ramure.
Éclaircissez les jeunes fruits trop serrés au printemps suivant.
Surveillez de près le débourrement, en particulier après un épisode pluvieux.
Réservez un traitement au cuivre aux attaques déjà sévères les années précédentes.
Privilégiez une variété résistante pour toute nouvelle plantation en climat humide.
La FAQ
Vos questions, nos réponses
Un pommier tavelé chaque année va-t-il finir par mourir ?
Non, la tavelure affaiblit l'arbre et gâche une partie de la récolte, mais elle ne le tue pas directement, contrairement à des maladies plus graves du bois. Un arbre durablement affaibli par des attaques répétées et sévères devient en revanche plus vulnérable à d'autres problèmes, ce qui justifie d'agir sur la durée plutôt que de laisser la situation s'installer chaque année.
Peut-on manger des pommes marquées de tavelure ?
Oui dans la grande majorité des cas : la tavelure affecte la peau et parfois une fine couche de chair superficielle, sans rendre le fruit toxique. Retirez simplement les zones liégeuses ou crevassées avant consommation. Un fruit très gravement atteint, fendillé en profondeur et attaqué secondairement par la pourriture, se jette en revanche plutôt qu'il ne se consomme.
Le ramassage des feuilles mortes suffit-il vraiment à limiter la tavelure l'année suivante ?
C'est le geste le plus déterminant, car le champignon hiverne majoritairement dans les feuilles tombées au sol et y produit au printemps les spores responsables des premières contaminations. Ramasser et évacuer ces feuilles, loin du compost habituel ou en compostage chaud bien mené, réduit sensiblement, sans l'annuler complètement, le stock de spores disponibles au débourrement suivant.
Existe-t-il des variétés de pommier ou de poirier résistantes à la tavelure ?
Oui, certaines variétés modernes ont été sélectionnées spécifiquement pour leur résistance, quand des variétés anciennes très appréciées comme Reine des reinettes ou Golden restent parmi les plus sensibles. Pour une nouvelle plantation en climat humide ou dans un jardin déjà touché les années précédentes, se renseigner sur la sensibilité variétale avant l'achat reste un vrai levier de prévention à long terme.
Faut-il traiter systématiquement avec un fongicide dès les premières taches ?
Pas nécessairement dans un jardin d'amateur : sur une attaque limitée, les mesures culturales (ramassage des feuilles, taille d'aération, éclaircissage des fruits) suffisent souvent à ramener la maladie à un niveau acceptable sur plusieurs saisons. Un traitement à base de cuivre, utilisable en jardin biologique, se réserve aux situations les plus sévères et s'applique en préventif, avant les symptômes, jamais une fois les taches déjà installées.
Le bananier du Japon, Musa basjoo, passe l'hiver dehors dans la plupart des régions françaises. Sa souche résiste à des gels sévères, mais sa silhouette, elle, dépend entièrement de la façon dont vous le protégez. Bien emmailloté, il redémarre en mai avec un tronc déjà haut ; simplement paillé, il repart de zéro.
Le laurier-rose supporte bien mieux le froid qu'on ne le croit, mais pas n'importe quel froid ni dans n'importe quelles conditions. En pot, il se rentre tard et se sort tôt. En pleine terre, il ne survit hors des régions douces qu'avec un emplacement choisi avec soin. Et même gelé jusqu'au sol, il repart souvent de sa souche.
Le chrysanthème acheté pour la Toussaint finit trop souvent à la poubelle dès la mi-novembre. C'est pourtant une vivace, capable de repartir chaque année et de refleurir à l'automne suivant. Encore faut-il savoir lequel est assez rustique pour la pleine terre, comment le tailler et à quel moment le pincer.