Conseils Publié le 18 septembre 2026 10 min de lecture
Créer une mare naturelle au jardin : conception et entretien
Une mare naturelle, même modeste, compte parmi les aménagements qui font le plus pour la biodiversité d'un jardin : elle attire en quelques mois libellules, amphibiens et oiseaux venus s'y abreuver. Sans pompe ni filtration complexe, une mare bien conçue s'équilibre presque seule. Voici comment la creuser, l'étanchéifier et la planter.
Petite mare naturelle de jardin bordée de pierres plates et de plantes aquatiques, avec une libellule posée sur une feuille. , Visuel produit par intelligence artificielle.
L’un des aménagements les plus efficaces pour la biodiversité
Parmi tous les aménagements possibles au jardin, la mare naturelle compte parmi ceux qui font le plus pour accueillir la faune locale, souvent en quelques mois seulement après sa création. Libellules, grenouilles, tritons, oiseaux venus s’y abreuver : une mare, même modeste, agit comme un point d’eau qui manque cruellement dans la plupart des jardins et espaces urbains environnants.
Contrairement à un bassin ornemental classique, souvent équipé d’une pompe, d’un système de filtration et parfois de poissons, une mare naturelle vise l’équilibre biologique autonome. Une fois bien conçue et plantée, elle se régule largement seule, sans intervention technique lourde ni consommation électrique continue.
Les repères essentiels avant de creuser
3-4 m²Surface minimale déjà suffisante pour attirer une faune variée
3 profondeursNombre de paliers recommandés pour multiplier les habitats
plusieurs sem.Délai normal avant qu'une eau trouble au démarrage s'éclaircisse
La diversité des profondeurs compte davantage que la surface totale : une petite mare bien conçue, avec plusieurs paliers et une pente douce, héberge souvent plus de vie qu’un grand bassin aux bords verticaux et à profondeur uniforme, qui limite fortement les habitats disponibles pour les différentes espèces.
Mare naturelle ou bassin ornemental : deux logiques différentes
Mare naturelle pour la biodiversité
Pas de pompe ni de filtration mécanique nécessaire
Équilibre biologique autonome via les plantes oxygénantes
Poissons à éviter, ils consomment les larves visées
Pente douce en pallier indispensable pour la faune
Bassin ornemental classique
Système de filtration et pompe souvent nécessaires
Équilibre entretenu activement par le jardinier
Poissons d'ornement possibles, avec un entretien adapté
Bords parfois verticaux, priorité donnée à l'esthétique
Notre verdict
Les deux aménagements répondent à des objectifs différents et peuvent coexister dans un même jardin, à condition de bien les distinguer dès la conception : une mare pensée pour la faune ne doit jamais recevoir de poissons destinés à un usage ornemental.
Créer sa mare, étape par étape
Choisir un emplacement mi-ombragéRéservez un endroit qui reçoit du soleil une bonne partie de la journée sans être exposé en permanence, un ombrage complet limitant le développement des plantes aquatiques et un soleil constant favorisant excessivement les algues.
Creuser plusieurs paliers de profondeurPrévoyez au moins trois niveaux différents, d'une zone très peu profonde en bordure jusqu'à une zone plus profonde au centre, généralement 60 à 80 cm, qui protège la faune aquatique du gel en hiver.
Aménager une pente douce sur au moins un côtéCette rampe en pallier progressif, jamais un bord vertical sur tout le pourtour, permet aux amphibiens, hérissons et autres petits mammifères d'entrer et surtout de ressortir facilement de l'eau.
Poser un feutre de protection puis la bâche d'étanchéitéLe feutre protège la bâche des racines et cailloux pointus du fond ; lissez ensuite soigneusement la bâche EPDM sur l'ensemble du creusement, en laissant un excédent généreux sur les bords pour l'ancrage final.
Remplir d'eau de pluie de préférenceL'eau de pluie, moins chargée en calcaire et en chlore qu'une eau du robinet, favorise un équilibre biologique plus rapide et plus stable ; à défaut, laissez reposer l'eau du robinet quelques jours avant toute plantation. Notre guide pour récupérer l'eau de pluie du jardin détaille comment stocker facilement le volume nécessaire au remplissage.
Planter en trois zones selon la profondeurInstallez des plantes oxygénantes totalement immergées au centre, des plantes à feuilles flottantes en zone intermédiaire, et des plantes de berge dans la zone la moins profonde, pour couvrir l'ensemble des habitats de la mare.
Une mare qui prend tout son sens à la saison froide
Pour prolonger cette logique d’accueil de la biodiversité au jardin, notre guide sur la construction d’un hôtel à insectes et notre article pour accueillir le hérisson avant l’hiver détaillent d’autres aménagements complémentaires qui profitent directement de la présence d’un point d’eau à proximité.
Situation observée
Cause probable
Action
Eau verte plusieurs semaines après la mise en eau
Étape normale d’équilibrage biologique
Patienter, ne jamais traiter chimiquement
Peu de faune visible après plusieurs mois
Bords trop verticaux ou emplacement trop ombragé
Aménager une pente douce, revoir l’exposition
Développement excessif d’algues filamenteuses
Trop de soleil direct, pas assez de plantes oxygénantes
Renforcer la plantation immergée, ombrer partiellement
Eau claire, faune variée présente
Équilibre atteint
Entretien minimal, laisser faire la nature
Votre plan d’action
Choisissez un emplacement mi-ombragé, ni en plein soleil constant ni à l’ombre totale.
Creusez plusieurs paliers de profondeur, jusqu’à 60-80 cm au centre.
Aménagez une pente douce sur au moins un tiers du pourtour.
Étanchéifiez avec un feutre de protection puis une bâche EPDM de qualité.
Remplissez de préférence à l’eau de pluie plutôt qu’à l’eau du robinet.
Plantez en trois zones selon la profondeur, sans jamais y introduire de poissons.
La FAQ
Vos questions, nos réponses
Faut-il une bâche spéciale pour étanchéifier une mare naturelle ?
Une bâche en EPDM, un caoutchouc synthétique spécifiquement conçu pour les bassins de jardin, reste le choix le plus fiable et le plus durable, résistant plusieurs décennies sans se dégrader. Une bâche en polyéthylène classique, moins coûteuse, convient pour un petit projet mais se révèle plus fragile aux UV et aux racines sur la durée.
Pourquoi l'eau de ma mare reste-t-elle verte plusieurs semaines après la mise en eau ?
C'est une étape presque systématique et normale sur une mare neuve : l'eau verdit d'abord à cause d'une prolifération d'algues microscopiques, le temps que les plantes oxygénantes s'installent et rééquilibrent progressivement le milieu. Patientez plusieurs semaines à quelques mois avant de juger l'équilibre de la mare, sans ajouter de produit chimique qui nuirait à la faune visée.
Peut-on installer des poissons dans une mare naturelle ?
Ce n'est pas recommandé pour une mare pensée pour la biodiversité : les poissons consomment activement les larves d'amphibiens, de libellules et d'autres insectes aquatiques que la mare cherche justement à accueillir. Réservez les poissons à un bassin ornemental distinct, conçu différemment, si vous souhaitez les deux types d'aménagement dans le même jardin.
Une petite mare de quelques mètres carrés attire-t-elle vraiment de la faune ?
Oui, la taille compte nettement moins que la diversité des profondeurs et la présence d'une pente douce en pallier : une mare de trois à quatre mètres carrés bien conçue attire souvent plus de vie qu'un grand bassin mal pensé, aux bords verticaux et à profondeur uniforme. La qualité de la conception prime largement sur la surface disponible.
Comment entretenir une mare naturelle une fois qu'elle est bien installée ?
L'entretien reste minimal une fois l'équilibre atteint : retirez l'excès de végétation aquatique envahissante une à deux fois par an, en laissant les débris retirés quelques jours au bord de la mare pour permettre à la faune qui s'y trouve de regagner l'eau. Évitez tout produit chimique et limitez au maximum l'intervention humaine, la mare fonctionnant d'autant mieux qu'elle est laissée à son propre équilibre.
Le bananier du Japon, Musa basjoo, passe l'hiver dehors dans la plupart des régions françaises. Sa souche résiste à des gels sévères, mais sa silhouette, elle, dépend entièrement de la façon dont vous le protégez. Bien emmailloté, il redémarre en mai avec un tronc déjà haut ; simplement paillé, il repart de zéro.
Le laurier-rose supporte bien mieux le froid qu'on ne le croit, mais pas n'importe quel froid ni dans n'importe quelles conditions. En pot, il se rentre tard et se sort tôt. En pleine terre, il ne survit hors des régions douces qu'avec un emplacement choisi avec soin. Et même gelé jusqu'au sol, il repart souvent de sa souche.
Le chrysanthème acheté pour la Toussaint finit trop souvent à la poubelle dès la mi-novembre. C'est pourtant une vivace, capable de repartir chaque année et de refleurir à l'automne suivant. Encore faut-il savoir lequel est assez rustique pour la pleine terre, comment le tailler et à quel moment le pincer.